Du Nord au Sud

Cette randonnée a été effectuée en 2 fois en 2014 et 2015 mais nous présentons ici nos impressions de voyage, de manière globale, sur cette magnifique traversée Nord-Sud de l’Espagne. Tout commence à Saint Jean de Pied de Port, petite ville au passé chargé d’Histoire, nichée au creux des montagnes Basques. Ville étape, depuis toujours St Jean a été le point de passage obligé des pèlerins de St Jacques. De très nombreuses maisons dans la vieille ville ont la coquille des pèlerins gravée sur les façades. Aujourd’hui encore les pèlerins sont très nombreux et les boutiques de souvenirs ont trouvé le bon filon.   Toutefois c’est à Esterencuby petit village perdu au Sud de St Jean que nous avons passé la nuit avant de partir. Charmant village avec le fronton couvert au bord de la route et un bel hôtel. C’est dans un brouillard épais que nous prenons la route en ce lundi du mois d’aout et que nous attaquons nos premières pistes à la frontière au col d’Orgambidé en direction de l’Espagne.   Le soleil nous rejoint bien un peu plus bas sur le versant espagnol à Orbaizeta où se trouve les ruines des anciennes manufactures royales d’armes et de munitions (XVIII ème). Plus loin nous découvrons les greniers typiques de Navarre et que l’on ne trouve plus que dans cette vallée. Ces constructions (grenier à grain) sont posées sur des pilotis de pierre coiffés d’un disque de pierre plus large afin d’empêcher les rongeurs de pénétrer …  En milieu de journée nous parcourons à pieds le Foz de Lumbier (gorge très encaissée où l’on accède par un tunnel d’une ancienne voie ferrée), magnifique endroit à ne pas rater. Après une nuit au camping et  une visite du centre-ville médiéval d’Olite et ses producteurs de vins …  nous découvrons le Monastère de La Oliva, et pénétrons dans  le désert des Bardenas Réales, toujours aussi sauvage et mystérieux. Un lieu dépaysant dont on ne se lasse pas.  Nous déjeunons sur les hauteurs de la plaine de la Ribera au Sud de Tudela dans un charmant petit village (El Buste) à côté du lavoir ancien toujours utilisé par les habitantes. Nous y rencontrons une dame avec son linge et nous entamons une petite conversation avec elle (nous ne parlons pas espagnol !!). Nous sommes la semaine du 15 aout, en Navarre c’est une période très importante et de très nombreux villages sont en fêtes. La principale animation est ici le « Toro de Fuego », un taureau est lâché dans les rues du village avec à ses cornes un feu de Bengale. L’objectif est de courir et d’arracher les feux au taureau … Il y a ainsi des compétitions entre jeunes des villages voisins. Bien sûr les rues et places concernées sont protégées par des barrières en bois et bordées de tribunes où se rassemble tout le village à partir de 23h pour assister au spectacle. Nous avons eu la chance de participer à un tel évènement dans le village de Vera de Moncayo.  Nous avons été invités à grimper sur la tribune et ainsi au cœur de l’évènement avons-nous passé une soirée mémorable. Nous n’étions pas plus de 10 « étrangers » ce soir la …   A noter aussi, à Veruela, le superbe monastère fortifié fermé à la visite lors de notre passage. Nous sommes ici au cœur de la Sierra de Moncayo, Le Moncayo est le sommet le plus important de la région. Visible à des kilomètres à la ronde Le lendemain les pistes  nous font  traverser de nombreux villages Mudejar.  Lorsque nous les apercevons notre première pensée est que nous avons traversé la méditerranée sans nous en rendre compte … Les villages de couleurs blanche sur des terres arides et ocre, un clocher d’église aux formes atypiques, des décorations géométrique rappelant les palais andalous … . Le style « mudejar » est né au moyen Age lors de la reconquête chrétienne de l’Espagne en général  et de l’Aragon en particulier. ; « Mudéjar » est le nom donné aux musulmans d’Espagne devenus sujets des royaumes chrétiens après le XIe siècle, pendant la période de tolérance. Entre le XII ème et le XVII ème siècle leur conception de l’architecture et de la décoration des bâtiments  était inspirée par le modèle andalou.  L’ensemble de l’art mudejar  en Aragon est inscrit au Patrimoine Mondial  de l’Humanité par l’UNESCO.   Le lendemain matin changement de décors après une nuit passée au camping de Nuevalos en bordure du lac de la Tranquera . Nous allons visiter le monastère de Piedra , c’est un lieu qu’il ne faut absolument pas manquer et qui est l’attraction touristique principale de l’Aragon. Un vrai oasis de verdure et d’eau, de cascades , plan d’eau et grottes,  construit par les moines cisterciens (XII ème siècle) au milieu d’une zone très aride. Si le monastère a été converti en hôtel de luxe, le parc (Parc Natural du Monasterio de Piedra)  est accessible à la visite. Nous y passons la matinée, un vrai bonheur pour les yeux qui se termine par la visite du musée et l’histoire de « l’invention » du chocolat car c’est ici qu’a été inventé ce produit à partir des fèves de cacao ramenée par Hernan Cortes au XVI ème siècle.  …  . Nous reprenons la route et passons au pied des remparts mauresque de La Molina de Aragon avant d’arriver à Coluente , aux portes du Parc Naturel du Haut Tage  . Un lieu très sauvage. La piste traverse une foret de pins noirs et débouche au sommet de hautes falaises où l’on découvre le sanctuaire de la Virgen de la Hoz. Nous descendons ensuite sur la petite route au pied des faliases longeant le rio Gallo  et nous suivons la piste longeant Tage bordée de falaise  sur plus de 30 kilomètres et découvrons des zones aménagées et très fréquentée pour la baignade (l’eau est fraiche !)  loin de toute route goudronnée. En longeant ces falaises nous apercevons des vols de vautour, immenses oiseaux impressionnant à voir planer en groupe. Après une nuit dans un petit camping en montagne où le gérant est très surpris de voir débarquer des français nous continuons plein Est pour terminer sur un chemin en crête qui nous fait déboucher au-dessus du village fortifié de Albarracin. La vue est magnifique et la visite de ce village nous à permis de découvrir un lieu magique chargé d’histoire où l’on se sent bien.  Tellement bien que c’est de ce village que nous reprenons la trace vers Grenade un an plus tard et où nous dinons dans le bar à tapas sur la place là où nous avions terminé un an plus tôt. Ce bar est vraiment typique avec ses innombrables tapas présenté sur le bar, la bière servi dans des verres givrés au congélateur et cette affichette qui indique qu’ici il n’y a pas de WIFI et qu’il faut parler à son voisin !! Le lendemain nous continuons vers le Sud , le paysage change les paysages boisés, les pinèdes font place à un paysage désertique fait de terres rouges ravinées, la piste emprunte le lit pierreux d’une rivière à sec, nous longeons des falaises dignes des western américains .. Nous traversons les grandes carrières d’exploitations de Kaolins de Riodeva, nous partons à la recherche d’un site de gravures rupestres (Abrigo del Tio Modesto) perdus au milieu de la forêt, que nous découvrons enfin. Nous nous imaginons ces hommes vivant dans une caverne peu profonde mais dominant toute la vallée, dessinant les scènes de chasses sur les parois. Plusieurs époques de dessins ont été relevées par les archéologues. Un vrai trésor malheureusement un peu à l’abandon … . Plus loin la Sierra de Mira avec  les mines de charbons encore en (petite) activité que nous traversons  avant d’atteindre la partie Nord du lac de la Contreras à proximité de Salto. Il est tard quand nous arrivons au camping de Villagordo de Gabriel après avoir parcouru en long et en large les rue très étroite du village d’Enguidanos  à la recherche sans succès d’un hôtel ou d’une casa rurale … Nouveau changement de paysage au Sud de Villagordo, nous traversons une vaste plaine agricole sur des dizaines de kilomètres de part et d’autre d’Albacete, avant de retrouver les zones montagneuses et de traverser un la sierra de Alcaraz au milieu des forets et des vignes. Le soir c’est au bord du Rio Mundo au Sud de Riopar que nous plantons la tente dans un agréable camping. La piscine est très appréciée jusqu’à ce que la pluie nous en déloge..  Le matin il fait encore un peu frais quand nous reprenons la piste pour aller découvrir « el nacimiento del Mundo » la naissance du monde, ou plus exactement la source du rio Mundo, fleuve côtier qui rejoint la mer vers Alicante.  La source du Monde se situe au centre d’un cirque calcaire et jaillit à mi-hauteur de la falaise là où la couche perméable qui renferme l’aquifère est au contact d’une couche étanche sur laquelle s’écoule l’eau. Nous sommes au mois d’aout le débit est faible. Les cascades sont à découvrir plutôt au printemps … Cette journée sera celle des sources puisque nous découvrirons la source du Guadalquivir (à sec) et la résurgence du rio Segura qui nous permet d’admirer la remontée des eaux depuis une puit naturel (karst) vers la surface. C’est à partir de ce point que nous grimpons par une route en lacet très impressionnante à flanc de falaise sur le plateau qui constitue le parc de la Sierra de Segura et Cazorla qui va nous offrir de magnifique paysage et nous faire monter à 1800 mètres d’altitude. Dommage que l’orage et les fortes pluies nous limitent la vue. Mais que c’est beau, la nature sauvage dans toute sa splendeur. Quelques rares fermes et leurs troupeaux occupent ce vaste espace. Nous y trouvons 3 refuges destinés principalement aux randonneurs pédestres et cyclo, équipés avec un puits et une pompe à main, d’une cheminée et son stock de bois et pour un d’entre eux de lits. Nous poursuivons jusqu’à un camping perdu au milieu des montagnes où nous louons un bungalow pour la nuit car les tentes sont trempées et la soirée très fraiches après  les pluies de la journée. Le camping lui-même semble n’avoir pas été épargné par ces orages car tout le monde est en train d’éponger, égoutter, nettoyer et tenter de faire sécher dans ce camping..  Le soir nous dinons au bar et nous entamons une discussion avec le serveur qui parle un peu français et nous explique qu’il va partir travailler en région parisienne à la rentrée comme garçon au pairs !! Il nous conseille pour les plats et le vins et nous nous régalons. Après une nuit sur nos lits superposés en compagnies de quelques araignées nous reprenons la route vers la ville de Cazorla pour y faire quelques courses et une visite de la ville. Nous croisons énormément de véhicules qui vont passer la journée en montagne. Ce coin est un Spot pour la randonnée. La descente vers Cazorla nous fait découvrir les étendues infinies des champs d’Olivier nos premiers depuis le départ. Nous sommes bien en Andalousie !! La ville est sympa nous la visitons en petit train touristique et nous réalisons que nous avons bien fait de ne pas nous y aventurer avec le Land … rarement vu aussi étroit !! Cap au Sud, après le ravitaillement nous remontons dans la sierra et nous repartons en direction de Grenade. Une jolie piste nous amène vers une vaste plaine couverte d’Olivier mais le temps tres brumeux nous limite la vue. Nous décidons de quitter le Road Book pour nous rendre à Baza passer la nuit dans une Cueva (habitation troglodyte) . Après avoir « jardiné » un peu pour trouver l’adresse et, au passage, sorti une voiture du fossé, nous arrivons chez Sam et Aurore à « las cuevas de Andalusia » (http://www.cuevasandalucia.es/es/index.php/francais) . Un lieu magique, un accueil chaleureux.. nous plantons notre tente sue le petit terrain de camping à côté d’un camping-car donnant l’impression d’être une cabane en bois . IL s’agit de Casita, la demeure sur Roue de la famille « Sixenroute » qui avec leurs 3 enfants sont partis en 2008 faire un tour du monde qui a duré 3 ans et demi. Depuis ils sont rentrés et voyage 6 mois par an et vivent dans Casita.  Le soir Aurore a préparé une paella pour 13 personnes : un délice, la meilleure que nous n’ayons jamais mangé , nous avons parlé avec Thierry toute la soirée de leur voyage, de leur expérience. Une rencontre vraiment magique qui nous a marqué. Le lendemain matin avant de repartir nous avons acheté  leur livre qu’ils nous ont dédicacés. C’est la première fois que nous avons lu le même livre à trois en même temps !!! Sam nous a indiqué un itinéraire  qui nous évite de remonter reprendre la trace la où nous l’avions laissée. Nous avons découvert des paysages magnifiques des canyons insoupçonnés que nous avons descendu et remonté et en apothéose la traversée du désert de Gorafe par la piste dite du Colorado. Cette dernière est époustouflante Le Colorado en miniature mais grandiose !  un régal pour les yeux et la conduite … Le soir l’arrivée à Grenade est un peu difficile. Le camping que nous avions repéré sur internet (que les photos sont belles !) est une horreur coincé dans un échangeur autoroutiers … vite fuyons. Nous trouvons une (très) petite place dans le second camping de Grenade (Reina Isabel). Les Cuevas nous manquent … Nous décidons d’y retourner passer la nuit du lendemain après la visite de l’Alhambra en remontant vers Alicante. L’Alhambra, la perle de l’Andalousie est le site incontournable de Grenade. Nos places avait été réservée depuis plusieurs semaines car les accès sont limités pour éviter une sur fréquentation. Mais l’accès au site n’est quand même pas très simple et l’organisation nous apparait un peu désorganisée … Mais bon que  la visite est belle, on ne raconte pas l’Alhambra.. on y va ! Après un déjeuner (à l’heure espagnole) dans un très bon restaurant proche de l’Alhambra nous reprenons la route vers Basa, et retrouvons la sérénité des Cuevas de Andalusia. Pour une soirée tranquille au calme sous les étoiles. Nous y serions bien restés plus longtemps. C’est sur nous y retournerons !!! Nous continuons nos vacances par une semaine posés au bord de la mer près d’Alicante. Au menu plage, piscine et visite d’Alicante et de la palmeraie d’Elche. Cette dernière est la plus importante d’Europe . LA ville d’Elche est aussi connue pour « la dame d’Elche » une statue découverte sur un site romain et datant du … siècle  av JC et également pour le spectacle donné en aout tous les ans depuis le 14eme siècle dans la cathédrale de la ville. C’est le plus ancien spectacle existant aujourd’hui. Nous y étions lors des 2 jours de représentations. Nous n’avons pas pu y assister (les places sont rares) mais la ville était en fêtes et des feux d’artifices (en plein jours) et les pétards claquant de toutes parts donnait un air particulier à la ville. Loin de l’agitation nous avons visité le « jardin du Curé » un espace planté de toutes les espèces de palmiers existantes ainsi d’espèces d’arbres tropicaux du monde entier (cactus, …). Un spécimen très rare de palmier dédié à l’impératrice Sissi est visible, il s’agit d’un palmier avec 7 rejets partant du tronc principal. Par contre nous avons été surpris par l’état d’abandon de la palmeraie située en ville. Nous avons l’impression que l’urbanisation grignote progressivement ces espaces dont l’origine remonte pourtant aux phéniciens avec un fort développement pendant la période mauresque. Seul le musée de la palmeraie présente sur une petite surface l’organisation traditionnelle de ces espaces avec les cultures d’arbres fruitiers entres les rangs de palmiers dattiers. … Dommage.

Merci à Vibraction pour ce magnifique parcours (www.vibraction.org)

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